Référence :3961

Relation de lenlèvement du Navire le Bounty, Appartenant au Roi dAngleterre, & commandé par le Lieutenant Guillaume Bligh ; avec le Voyage subséquent de cet Officier & dune partie de son équipage dans sa Chaloupe, depuis les Îles des Amis dans la mer du Sud, jusquà Timor, établissement Hollandais aux îles Moluques. Ecrit en Anglais par M. William Bligh, Lieutenant de la Marine dAngleterre ; & traduit par Daniel Lescallier, Commissaire général des Colonies, ci-devant Ordonnateur dans la Guiane Hollandaise, & ensuite dans la Guiane Française, Correspondant de la Société Royale dAgriculture à Paris.

BLIGH (Lieutenant William).

A Paris, chez Firmin Didot, Libraire, rue Dauphine, et se trouve à Amsterdam, chez Gabriel Dufour, Libraire, 1790. 1790 1 vol. in-8° (212 x 138 mm.) de : [2] ff. (Faux-titre, Titre), xvi pp. (Avis du traducteur, « Proportions principales de la Chaloupe du Vaisseau le Bounty »), 171 pp. 3 cartes dépliantes gravées. Pleine basane racinée d'époque, titre de maroquin rouge. (exemplaire à toutes marges, non rogné. Salissures marginales aux premiers et derniers feuillets).

Rare édition originale en français de la relation de la célèbre Mutinerie du Bounty par son commandant William Bligh (1754-1817). (EO anglaise, 1790, Londres). Avec la fin du commerce triangulaire, du fait de lIndépendance américaine, les Anglais se trouvèrent en difficulté pour nourrir les esclaves des plantations. Sir Joseph Banks (1743-1820), naturaliste de la première expédition de James Cook, propose alors au Roi George III dimplanter larbre à pain, espèce quil a observée lors de ce voyage avec Cook dans les îles de la Mer du Sud. William Bligh, ami de Banks et réputé pour ses qualités maritimes est nommé commandant du Bounty et appareille pour Tahiti le 23 décembre 1787 pour ramener cette espèce. Le voyage est long et difficile : dès le début de la traversée, une tempête les oblige à relâcher à Ténériffe. Ils arrivent au Cap Horn en avril et tentent pendant un mois de le passer avant de se décider à rejoindre Tahiti par le Cap de Bonne Espérance. Ils atteignent ce Cap en mai, et sy arrêtent un mois. Ils rejoignent Tahiti le 26 octobre 1788. Les Tahitiens acceptent de leur céder des arbres à pain, mais la traversée ayant été plus longue que prévu, ils ne peuvent prendre la mer avant six mois. Latmosphère pénible en mer, ne lest pas moins dans ces îles où plusieurs incidents ont lieu, si bien que le 28 avril, une vingtaine de jours après leur départ (5 avril 1789), Christian Fletcher, enseigne de vaisseau, déclenche la mutinerie, suivie par onze des quarante-deux membres déquipage. Ils enlèvent le navire et forcent Bligh et dix-huit autres membres de léquipage à prendre la mer sur une chaloupe, pour un voyage qui na guère déquivalent dans lhistoire de la marine, dautant plus remarquable quils ne perdirent personne : dix-neuf hommes sur une chaloupe sur une distance de 4 000 miles. Ils rejoignent Tofoe, puis, durant quarante-huit jours, ils font route vers Timor. Ils perdent trois hommes à leur arrivée à Batavia. Ce qui est moins connu mais aussi étonnant, cest que Bligh parvint lors de cette périlleuse traversée à cartographier et à nommer des parties inconnues des côtes Nord-est de la Nouvelle-Hollande. Bligh rejoint lAngleterre en 1790, et sempresse de faire publier sa propre version de la mutinerie, pour préserver sa réputation au sein de lAmirauté, avant laudition des mutins. La relation complète est publiée en 1792 sous le titre « A Voyage to South Sea ». Cette relation est illustrée de trois cartes dépliantes, dues aux relevées de Bligh : « Carte de la Route parcourue par le Lieutenant William Bligh dans la Chaloupe du Navire le Bounty, depuis Tofô jusquà Timor en 1789 », « Carte des Îles découvertes par le Lieutt Wm. Bligh, et auxquelles il a donné le nom dIsles de Bligh Carte de la partie Septentrionale des Nouvelles Hebrides », et enfin « Carte dun partie de la Côte du N. E. de la Nouvelle Hollande ». Bel exemplaire. 1 vol. 8vo. Contemp sheep. 3 folding maps. First French edition of Bligh's own account of the mutiny on the Bounty, the most notorious incident in maritime history. This publication predates Bligh's full account of the voyage by two years. Bligh was anxious to have an account of the mutiny itself available to safeguard his own reputation and in order to present copies to the Lords of the Admiralty before the court-martial of the mutineers, to absolve him from blame. Fine copy. Ferguson, 71; 133; Kroepelien, 87; O'Reilly-Reitman, 543; Sabin, 5908.

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