Référence :4187

Journal du Voyage du Chevalier Chardin en Perse et aux Indes Orientales, par la Mer Noire et par la Colchide. Première partie qui contient la voyage de Paris à Isphahan.

CHARDIN (Jean).

A Londres, chez Moyse Pitt en Duke-street à Westmunster, 1686. 1686 1 vol. in-folio (315 x 205) de : [3 ff.] (portrait et frontispice gravés, titre, dédicace, préface), [2 ff.] (dédicace au roi orné dun bandeau figurant un buste de lauteur couronné, et dune lettrine figurant lauteur offrant son livre au souverain), [2 ff.] (Préface ornée dun bandeau figurant le voyageur en route avec ses compagnons, dune lettrine et dun cul-de-lampe), 349 pp. (erreur de pagination : saut de150 à 181, sans lacune), [3] ff. (index), 1 carte et 15 planches gravées dont 11 dépliantes (traces de mouillures). Plein veau d'époque, dos à nerfs orné, titre de maroquin rouge, tranches jaspées de rouge. (fentes aux mors et défauts d'usage).

Edition originale de cette "première partie" du journal du voyage de Chardin (1671 à 1673) éditée à Londres par Pitt Moyse, qui ne fut jamais suivie des autres volumes prévus. Outre une édition en anglais et les contrefaçons, ce nest quun quart de siècle plus tard, en 1711 que lensemble des écrits de Chardin seront publiés, cependant amputés par léditeur parisien sans laccord de lauteur de nombreux passages jugés « anti-papistes ». Fils dun bijoutier joaillier protestant, Jean Chardin (1643-1713) est aujourdhui considéré comme le meilleur connaisseur de la culture persane de son époque. Nommé marchand du Roi à son retour dun premier voyage qui avait été un succès commercial, il repart en 1671 en compagnie du joaillier Raisin comme représentant de la « Compagnie royale orientale » qui vient dêtre créée pour contrer les Hollandais et les Anglais sur le marché des pierres précieuses. Contournant une Turquie hostile, les deux hommes doivent emprunter une longue et périlleuse route passant par la Mer Noire, la Géorgie puis lArménie et parviennent enfin en Perse , après de multiples péripéties, vingt deux mois après leur départ. Chardin reçoit alors une commande importante de joaillerie du Shah Safi, laquelle sera confirmée par son fils Soleiman III. Sa rencontre avec la civilisation perse est pour le jeune Chardin une révélation qui marquera toute son existence. Habile commerçant, il acquiert une parfaite connaissance du monde des courtiers en pierres précieuses et une incomparable expérience de la nourriture, de larchitecture, de la culture et de la religion du peuple persan. Ainsi résume-t-il sa préface: « Je demeurais en Perse jusques en lannée 1677, suivant la cour en ses voyages, et jen fis de particuliers pour affaires ou par curiosité, étudiant la langue, fréquentant assidûment les Grands, les Savans, et mintroduisant ainsi de tout ce qui pouvoit meriter la curiosité de notre Europe touchant un pays que nous pouvons appeler un autre monde, soit pour la distance des lieux, soit pour la différence des murs et des maximes. En un mot, jay pris tant de peine à minstruire sur la Perse, que je puis dire par exemple, que je connois mieux Ispaham que Paris , quoy que jy sois né et que jy aye été élevé ; que je parle aussi aisément le persan que le françois ; que je savois couramment lire et écrire ; et que jai fort parcouru toute la Perse. » Cette curiosité et cet enthousiasme, qui le distinguent des autres marchands occidentaux, le poussera à entreprendre des explorations archéologiques, notamment à Persépolis dont il livrera une description (« Je puis assurer que la vue de Persépolis va au delà de toutes les expressions, je nai jamais rien vu ni conçu daussi grand ni daussi magnifique ») dont les qualités évocatrices seront saluées par Rousseau dans son «Essai sur lorigine des langues». Soucieux de conserver des images de qualité de ses voyages, il engage lartiste Guillaume-Joseph Grelot, dont les dessins illustreront le présent ouvrage. Il séjournera ensuite 5 années en Inde ou se trouvaient les seules mines de diamant brut au monde à lépoque. A son retour en Europe, les conséquences de la révocation de lEdit de Nantes le poussent à émigrer. Il sinstalle en Angleterre et se marie. Le roi Charles II le fait Chevalier, ce qui lui permet de devenir joaillier de la cour et membre de la ABC (la prestigieuse compagnie britannique du commerce des pierres précieuses). Accaparé par ses activités professionnelles, cest seulement en 1686 quil fera paraître chez le libraire londonien Moyse Pitt ce premier volume du récit de ses voyages. A la différence de ses contemporains qui visitèrent lOrient : Tavernier et Thévenot, le Chevalier de Chardin rédige lui même ses récits, révélant un talent décrivain qui sera reconnu par Montesquieu, admiratif de cet « observateur qui pense » auquel il empruntera des idées sur linfluence du climat sur les régimes politiques Les 17 gravures qui illustrent louvrage, exécutées à partir des dessins de Grelot, sont dune grande qualité. Ils présentent des vues et monuments deTiflis, Erivan, Kashan, Kom et sont accompagnés d'une grande carte dépliante de la Mer Noire. Rare édition originale de cet ouvrage qui fit rêver de nombreux européens. Provenance: ex-libris gravé " N Bianco" Brunet, 20612 - Schwab, 87 - Wilson p. 41. Dirk Van der Cruysse: "Chardin le Persan". 1 vol. folio. Engraved portrait and title + 15 plates. Contemp. calf. First edition of of the first volume of Chardin's manuscript. Born in Paris in a Huguenot (Protestant) family, Jean Chardin (1643-1713) undertook his travels to Persia because of his father's position as a jeweller and shareholder in the French East India Company. The younger Chardin set out in 1664, travelling through Turkey, the Black Sea, Georgia and Armenia. Soon after his arrival in Persia, he received a commission to create jewellery for Shah Abbas II, who died in 1666 and was succeeded by Shah Safi. After witnessing the latter's coronation, Chardin went on India and finally returned to Paris in 1670. In 1671, he published an account of the coronation and in the same year set off for Persia again, arriving in Isfahan in 1673 and remaining there for several years, before once more visiting India and returning home in 1677. With the persecution of the Huguenots in France, he moved to England in 1680. This first edition deals with the period 1671-73, which appeared in 1686 and was followed by several counterfeit editions. The complete set of his works was published only in 1771 in Paris, but was incomplete of several passages cut by the editor who found them anti-papists! Chardin enjoys the reputation of being one of the best-informed European observers of Safavid Persia. The plates in Chardin's work are said to be after the artist Guillaume Grelot; they include illustrations of Tiflis, Erivan, Kashan, Kom and a large folding map of the Black Sea. A valuable work, highly praised by Montesquieu, Rousseau etc., all of whom used this work for their sources.

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