Référence :4425

Mémoire du Roy pour servir d'instructions au Sr du Revest, capitaine de Vaisseau.

[MANUSCRIPT / PIRACY / MEDITERRANEEN] LOUIS XV / ROUILLE (Antoine-Louis).

Versailles, le 24 avril 1752. 1752 1 cahier in-folio (365 x 250 mm) de: [13] pp. manuscrites à l'encre brune et [1] f. Bl., cachet de cire et signature du roi Louis XV et d'Antoine-Louis Rouillé. Brochage d'origine maintenu par un ruban de soie bleu.

Ordre de mission rédigé sous forme de mémoire fixant le cadre de lexpédition dune escadre française auprès du Pacha de Tripoli afin de faire cesser les attaques des pirates locaux, document signé de la main du roi Louis XV (1710-1774) et du ministre de la Marine, Antoine-Louis Rouillé (1689-1754) , adressé au capitaine de vaisseau du Revest, commandant les vaisseaux La Junon et La Flore en partance de Toulon. [La Junon était un vaisseau de 44 canons construit au Havre en 1747]. Les « corsaires barbaresques » de la méditerranée ont représenté un véritable fléau pour le trafic maritime jusquau 19éme siècle, capturant des milliers de navires, attaquant les localités côtières et alimentant un trafic desclaves avec les équipages capturés. Certains des capitaines des galères de ces corsaires les plus reconnus, étaient ce qu'on appelait à l'époque des « renégats » : des européens convertis à l'islam pour échapper à l'esclavage, comme John Ward et Zymen Danseker ou le capitaine renégat français Sicard nommé dans le présent mémoire. Si les attaques des pirates de Barbarie ont culminé au début du milieu du XVIIe siècle, elles restent au milieu du 18eme une menace constante pour le trafic maritime. Ainsi les flottes Françaises, Espagnoles et Italiennes effectuent encore régulièrement des missions de représailles ou de diplomatie auprès des souverains locaux dAlger, Tunis et Tripoli, commanditaires ou complices des corsaires des cotes dAfrique du Nord. Dans le présent mémoire, le roi Louis XV fixe le cadre dune mission envoyée auprès du Pacha de Tripoli en avril 1752 afin de faire cesser des attaques et pillages de navires français. Suite au bombardement de Tripoli par les français en juillet 1728 contre la ville actuelle de Tripoli, le traité du 9 juin 1729 est censé protéger les navires français des actes de piraterie des tripolitains. Cependant, depuis 3 ans, les corsaires de Tripoli se livrent à des agressions et pillages contre des navires et équipages français : « Tous les capitaines français qui avaient le malheur de rencontrer en mer des corsaires de Tripoli étaient exposés à se voir enlever tous leurs effets et provisions qui étaient à la bienséance de ces corsaires, et à être maltraités, quelques-uns même ont reçu la bastonnade au risque de leur vie, et il nétait pas possible dabandonner plus longtemps la navigation aux violences des Tripolitains ». Or, malgré diverses actions diplomatiques, ces actes de piraterie nont pas cessé. Le roi Louis XV décide donc denvoyer une escadre devant Tripoli pour obtenir du Pacha le rétablissement du traité, une compensation financière et la punition des corsaires ayant été identifié. Avant larrivée de cette flotte, le capitaine du Revest est envoyé en éclaireur pour remettre au Pacha le courrier du roi précisant les dommages causés par les corsaires et les exigences du souverain français. Le roi exige du pacha quil châtie ces souffrir le même traitement quils ont fait aux français, de faire dédommager tous les capitaines français des pillages qui leur ont étaient faits, et de prévenir efficacement à leur sureté pour lavenir, en ajoutant au traité un article qui prononce a peine de mort contre les « Rais » qui oseront piller ou insulter un bâtiment français de quelque manière que ce soit ». Le roi exige en outre « la tête des principaux coupables, nommément dun renégat français nommé Sicard, qui est lauteur de brigandages des Tripolitains » et il joint à sa lettre au Pacha la liste des « Rais » qui doivent être punis. En outre, il fixe à 5 à 6000 sequins minimum le montant de lindemnité exigée. Le capitaine de Revest est au final chargé de faire connaitre au Pacha que « sa majesté le soupçonne de mauvaise foi ou de connivence avec sa corsairerie, sil hésitait à les châtier ». Et pour que ses exigences soient satisfaites, le roi précise que « le sieur du Revest ne cachera point au Pacha quil doit être suivi immédiatement de plusieurs vaisseaux de force destinés à appuyer les justes prétentions de sa majesté » Remarquable document original signé de la main du roi et de son ministre, précieuse source historique pour la connaissance de lhistoire de la piraterie en Méditerranée. 1 vol. folio hold with a silk ribbon. [13] pp. handwritten in brown ink and [1] f. Bl., wax seal and signature of King Louis XV and by the Minister of the Navy. Order of mission fixing the framework of the expedition of a French squadron to the Pasha of Tripoli in order to stop the attacks of the local pirates, document signed by the hand of the king Louis the XVth ( 1710-1774) and Antoine-Louis Rouillé (1689-1754), Minister of the Navy, [The Junon was a 44-gun ship built in Le Havre in 1747]. The "Barbary corsairs" of the Mediterranean represented a real scourge for maritime traffic until the 19th century, capturing thousands of ships, attacking coastal towns and supplying slave traffic with captured crews. Some of the captains of the galleys of these corsairs were what were called at the time "renegades» : Europeans converted to Islam to escape slavery, like John Ward and Zymen Danseker or French captain Sicard, named in this memoir. Although the attacks of the Barbary pirates peaked in the early mid-seventeenth century, they remained in the middle of the 18th century a constant threat to maritime traffic. Thus, the French, Spanish and Italian fleets still regularly carry out retaliation or diplomacy missions to local rulers of Algiers, Tunis and Tripoli, sponsors or accomplices of privateers of the North African coasts. In this memoire, King Louis XV sets the framework for a mission sent to the Pasha of Tripoli in April 1752 to stop attacks and looting of French ships. Following the bombing of Tripoli by the French in July 1728 against the city of Tripoli, the Treaty of 9 June 1729 is supposed to protect French ships from the acts of piracy of Tripolitans. However, for the past three years, the corsairs of Tripoli have engaged in aggression and looting against French ships and crews: "All the French captains who had the misfortune to meet at sea corsairs of Tripoli were exposed to be removed all their effects and provisions which were in the propriety of these corsairs, and to be abused, some even received the bastarding at the risk of their life, and it was not possible to give up the navigation to the violence of the Tripolitans any longer ". Despite various diplomatic actions, these acts of piracy have not ceased. King Louis XV therefore decided to send a squadron in front of Tripoli to get Pacha the restoration of the treaty, financial compensation and the punishment of corsairs having been identified. Before the arrival of this fleet, the captain of Revest is sent to deliver to the Pacha the King's courier detailing the damage caused by the corsairs and the requirements of the French sovereign. The King requires the Pasha to punish those suffering the same treatment they have done to the French, to have all the French captains compensated for the looting done to them, and to effectively prevent their safety for the future, by adding to the treaty of 1729 an article that barely pronounced death against the "Rais" who will dare to plunder or insult a French ship in any way whatsoever ". The king also demands "the heads of the principal culprits, namely of a French renegade named Sicard, who is the author of thieves of the Tripolitans" and he adds to his letter to the Pacha the list of "Rais" to be punished. In addition, he sets the amount of the required indemnity at between 5 and 6,000 sequins. The captain de Revest is ultimately responsible for making known to the Pasha that "his majesty suspects him of bad faith or collusion with his « corsairerie », if he hesitated to chastise them ...". And so that his demands are satisfied, the king specifies that "the captain de Revest will not hide from the Pasha that he must be immediately followed by several vessels of strength designed to support the just pretensions of his majesty ..." Remarkable original document signed by the king's hand, precious historical source for the knowledge of the history of piracy in the Mediterranean.

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