Référence :4453

Voyage de La Perouse autour du monde, publié conformément au décret du 22 avril 1791, et rédigé par M. L.A. Milet-Mureau, Général de Brigade dans le corps du Génie, Directeur des Fortifications, Ex-Constituant, Membre de plusieurs Sociétés littéraires de Paris.

LA PEROUSE (François Galaup, Comte de).

Paris, Imprimerie de la République, an V, (1797). 1797 5 vol. dont 4 vol. de texte in-4° (240 x 304 mm.) : de I. [2] ff., 1 frontispice (portrait de La Pérouse), lxxii pp., 346 pp., [1] f. ; II. [2] ff., 398 pp., [1] f. ; III. [2] ff.], 422 pp., [1] f. ; IV. [2] ff., 309 pp. ; 1 vol. d'atlas in-plano. (575 x 425 mm.) : composé d'un frontispice gravé par Moreau le jeune et de 69 planches gravées d'après les dessins de La Martinière, Prévost et Duché de Vancy. Cartonnages recouverts de papier à la colle fauve, étiquettes de titrage imprimées. ( salissures et défauts d'usage à la reliure, traces de mouillures l'extrémité de la marge extérieure à quelques planches et a l'angle d'un vol de texte, sinon très propre).

Edition originale de la plus fameuse des explorations maritimes françaises du 18ème siècle. Parmi les navigateurs français du 18ème siècle qui ont exploré le globe, il n'en est pas dont le nom soit plus populaire que celui de La Pérouse ; peut-être faut-il attribuer une partie de cette célébrité peu commune à la funeste issue de son expédition. Sur instructions personnelles de Louis XVI, le directeur général des ports et arsenaux, Claret de Fleurieu, décida denvoyer une expédition pour compléter les travaux de Cook et de Clarke et rechercher un passage au nord-ouest de lAmérique. Louis XVI dressa lui-même le plan du voyage et confia cette mission à Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse (Albi, 1741- ?): Le brillant officier de marine qui venait de sillustrer dans la baie d'Hudson pendant la guerre d'indépendance des Etats-Unis et dêtre promu au grade de capitaine, avait su gagner la confiance et lamitié du Roi, du duc de Castries (ministre de la Marine) et de Fleurieu. Après une minutieuse et intense préparation suivie de prêt par Louis XVI, La Pérouse quitte Brest le 1er août 1785 à la tête des deux corvettes, la Boussole et lAstrolabe, en direction du Cap Horn. A son bord : une précieuse équipe de chirurgiens, ingénieurs, physiciens, géographes, botanistes, astronomes, dessinateurs qui a la tâche de mener à bien la plus vaste entreprise scientifique, politique, économique et commerciale du siècle. En 1786, La Pérouse aborde lîle de Pâques : il exprime son admiration pour ces « bustes de taille colossale » et note le caractère peu farouche des femmes. Il part ensuite vers lAlaska et accoste au Port des Français le 2 juillet 1786 où plusieurs membres de léquipage meurent noyés, emportés par une violente marée. Il les fait enterrer sur lîle du Cénotaphe (doù son nom) et y joint une bouteille contenant la liste des naufragés. Après avoir longé les côtes de la Californie et observé la flore et la faune, la flotte sengage sur les mers de Chine et du Japon que nul voyageur navait encore atteint : La Pérouse établit dexcellentes relations avec les populations mais est quelque peu répugné par les murs des Tartares. Lorsquil parvint aux îles Samoa, fin 1787, les indigènes massacrèrent 13 membres de léquipage, dont son second et ami Fleuriot de Langle (cf. Planche 66). Les navires continueront jusquen Australie, et cest de ce pays, et plus précisément de Botany-Bay, que La Pérouse écrivit le 7 février 1788, sa dernière lettre au ministre de la marine (confiée aux Anglais de l'expédition du gouverneur Philipp), avant de faire naufrage en mars 1788, près de lîle de Vanikoro, située entre les Salomon et le Vanuatu. Malgré la tourmente révolutionnaire, on envoya, en 1791, le contre-amiral DEntrecasteaux à la recherche des survivants de l « expédition La Pérouse », mais ces efforts furent vains, et dEntrecasteaux mourut prématurément au cours du voyage. Néanmoins, le roi Louis XVI continua à manifester son intérêt pour le sort de lexpédition : ainsi l'histoire a retenu que, avant de monter sur léchafaud, il demandait encore : « A-t-on des nouvelles de M. de La Pérouse ? ». Ce nest quen 1827, soit 40 ans après leur disparition, que les épaves des deux navires seront retrouvés par lAnglais Peter Dillon sur latoll de Vanikoro. Lexplorateur Dumont dUrville rapportera ensuite des vestiges de leur cargaison qui seront exposés au musée de Marine et dethnographie du Louvre, créé en 1827, notamment pour honorer la mémoire des grands navigateurs et pour illustrer leurs voyages. Aujourdhui, des campagnes de fouilles archéologiques sont organisées ; ainsi, le travail effectué sur les deux épaves de Vanikoro en 2005 devrait permettre enfin de les identifier et de lever une part du mystère qui, plus de deux siècles après la tragédie, entoure encore le sort de l'expédition de La Pérouse. Le présent ouvrage et son atlas sont encore à ce jour les seuls écrits subsistants de lexpédition : La Pérouse avait eu la présence desprit, après son escale au Kamtchatka, en septembre 1787, de confier à son interprète et historiographe, Barthélemy de Lesseps (oncle de Ferdinand de Lesseps), la charge de rapporter son journal de France. Ce sera chose faite, au terme dun périple extraordinaire dans lempire russe. Ainsi, les précieuses observations de La Pérouse ramenées par Lesseps, complétées par les derniers documents remis par lexplorateur à un navire anglais, serviront de base à la publication dirigée par M. Milet-Mureau 10 ans plus tard. Séduisant exemplaire en cartonnage éditeur. 4 vols. 4to. (text), portrait. 1 vol. plano. (Atlas). Engraved title, 69 plates. Original edition. La Perouse's expeditionary voyages of 1785 to 1788, were one of the most important scientific explorations ever undertaken in the Pacific region. Ordered by the French government to follow up and further Cook's work, La Perouse rounded Cape Horn, after a refit in Chile made for the Hawaiian Islands and then crossed the Pacific to Macao via Manila, from where he explored the Sea of Japan and the Strait that now bears his name. After sending his accounts and charts overland with de Lesseps, La Perouse turned south reaching first Samoa where he discovered several unknown islands, finally arriving at Botany Bay. After a six weeks stay at Botany Bay La Pérouse weighed anchor on 10 March 1788 and sailed north and he and his crew were never seen again. Some 40 years later is was discovered that La Pérouse had been shipwrecked on the island of Vanokoro, one of the Santa Cruz Islands.The results of the expedition as recorded in the documents that reached Paris overland were impressive. La Pérouse made valuable contributions to the history of geographical discoveries, especially with regard to the American coast and the natives of America. The expedition visited - and accounts are given of - Easter Island, Hawaii, Macao, Formosa, and the Aleutian Islands, Samoa, Tonga and Australia (important dispatches were also sent to France from Botany Bay to record the last part of the trip). Fine complet set. Sabin, 38960 ; Ferguson, 268.

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