Référence :4949

Voyage des Indes orientales, mêlé de plusieurs histoires curieuses.

CARRÉ (Barthélémy).

Paris, Veuve de Claude Barbin, 1699. 1699 2 vol. in-12° (160 x 90 mm) de: I. [3] ff. (titre, épître); 403 pp.; [4] pp. (privilège, fautes, avis); II. [2] ff. (titre, privilège); 403 pp.; [4] pp. (tables, fautes). Ex-libris à lencre brune raturé sur le titre. Bandeaux et culs-de-lampe. (Corps d'ouvrage assez frais). Plein veau d'époque, dos à nerfs orné, titre et tomaison de maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, tranches rouge. (Coiffes discrètement restaurées et reliures légèrement différentes).

Edition originale et rare de ce récit de voyages en Orient de l'abbé Barthélémy Carré (1636-date inconnue), qui effectue deux missions vers les Indes de 1668 à 1671 puis de 1672 à 1675. Il est envoyé par Colbert pour aider au développement de la compagnie des Indes Orientales créee en 1664. Né à Blois en 1636, cadet dune famille de petite noblesse, Carré est destiné à la prêtrise. Vers 1662, il devient aumônier sur les vaisseaux du Roi. Cest lépoque où Colbert crée la Compagnie française des Indes (1664), alors que lAngleterre et la Hollande avaient depuis longtemps (1600, 1602) fondé des entreprises semblables pour le commerce avec lAsie. En 1666, dix vaisseaux partent de La Rochelle avec François Caron, ancien de la Compagnie hollandaise (VOC), en guise de conseiller. Le but de la Compagnie française est le commerce dimportation et le commerce dAsie en Asie. Carré, ayant reçu une lettre de mission de Colbert, est chargé de surveiller lentreprise et denvoyer des mémoires au ministre. En 1669, il rejoint Caron à Surate. Il sagit du premier voyage dont nous avons la relation. Il revient en France par la voie terrestre, la Perse, lEmpire ottoman, Bagdad et Alep. Il est renvoyé en Orient au moment où une escadre commandée par Jacob Blanchet de la Haye est destinée à « montrer la puissance du Roi aux princes dAsie ». Dans ce second voyage, Carré suit la voie terrestre : il part de Marseille en 1672, passe par Livourne, est attaqué en Méditerranée par des pirates barbaresques, débarque à Alexandrette, puis rejoint Alep et arrive à Bagdad chez les Capucins. Il atteint ensuite Bassora et embarque sur le Golfe persique vers les Indes sur un navire portugais jusquà Surate. Le voyage dure en tout sept mois et demi. Devant rejoindre les Français sur la côte de Coromandel, Carré, malade, traverse le sous-continent sur un palanquin, où il parvient en avril 1673 pour assister à la catastrophe de la flotte française à São Tomé. Il séjourne à Madras et retourne en France avec des lettres adressées au Roi par La Haye. Ce retour se fait aussi par voie terrestre. En chemin, il rencontre Jean Chardin, reprend litinéraire suivi à laller, puis dAlexandrette à Livourne et à Versailles. Carré se consacre ensuite à la rédaction des manuscrits conservés à partir de ses notes de voyage. En 1699, la Veuve du libraire Claude Barbin édite le présent ouvrage, unique publication contemporaine dun texte de Carré consacrée au récit de son premier voyage, accompagné de contes orientaux. Ce texte sera repris par labbé Prévost au tome IX de l «Histoire générale des voyages » (1750). Lauteur ajoute au récit de son voyage de nombreux « tiroirs » (traités) : « Le Français soldat en Orient », « Le Français négociant en Orient ». Les textes sont rédigés au retour à partir de carnets de route. Contrairement à de nombreux voyageurs de son époque (Lucas, etc.) qui font récrire par dautres, les manuscrits de Carré sont autographes. Les deux voyages de Carré sont particulièrement précieux, car les relations françaises sur lInde sont relativement rares à cette période (François Martin, La Haye, Lestra). Carré a parfaitement conscience que ses relations doivent à la fois, selon les principes horatiens, instruire et divertir. Il multiplie les « images », les récits entendus lors des haltes dans les caravansérails. Il y a dans ses relations un vrai plaisir de la découverte quil tente de transmettre à ses lecteurs, Carré est un véritable écrivain. Il nous livre sa découverte de lhospitalité et critique du luxe corrupteur de lOccident, il décrit les civilisations persienne et indienne, son voyage dans le désert (très important dans les relations), la présence du paysage (neuf à cette époque), les femmes (parallèle des harems et des religieuses cloîtrées), les informations concernant les maladies et la médecine traditionnelle, sa culture et sa foi du charbonnier, etc. Bel exemplaire discrètement restauré de cette rare relation dun voyage aux indes orientales. 2 vol. 12mo (160 x 90 mm) of : I. [3] ff. (title, epistle) ; 403 pp. ; [4] pp. (privilege, errors, notice); II. 2] ff. (title, privilege) ; 403 pp. ; [4] pp. (tables, errors). Bookplate in brown ink crossed out on the title. Headbands and footnotes. (Body of the book quite fresh). Full contemporary calf, spine ribbed and decorated, red morocco title and tome, gilt roulette on the edges, red edges. (Covers discreetly restored and bindings slightly different). Rare first edition of this account of the travels in the East of the abbot Barthélémy Carré (1636-unknown date), who carried out two missions to the Indies from 1668 to 1671 and from 1672 to 1675. He was sent by Colbert to help the development of the East India Company created in 1664. Born in Blois in 1636, as the youngest of a family of minor nobility, Carré was destined for the priesthood. Around 1662, he became a chaplain on the King's ships. It was the time when Colbert created the French Company of the Indies (1664), while England and Holland had long since (1600, 1602) founded similar enterprises for commerce with Asia. In 1666, ten ships left La Rochelle with François Caron, a former member of the Dutch Company (VOC), as advisor. The purpose of the French Company was import trade and trade from Asia to Asia. Carré, having received a letter of mission from Colbert, was charged with overseeing the enterprise and sending memoranda to the minister. In 1669, he joined Caron in Surat. This is the first trip of which there is a known report. He returned to France by land, Persia, the Ottoman Empire, Baghdad and Aleppo. He was sent back to the East when a squadron commanded by Jacob Blanchet de la Haye was destined to "show the power of the King to the princes of Asia". In this second voyage, Carré followed the land route: he left Marseille in 1672, passed through Livorno, was attacked in the Mediterranean by barbarian pirates, disembarked at Alexandrette, then reached Aleppo and arrived in Baghdad at the Capuchins. He then reached Bassora and embarked on the Persian Gulf to India on a Portuguese ship to Surat. The journey lasted seven and a half months. Having to join the French on the coast of Coromandel, Carré, who was sick, crossed the subcontinent on a palanquin, where he arrived in April 1673 to attend the disaster of the French fleet in São Tomé. He stayed in Madras and returned to France with letters addressed to the King from The Hague. This return was also done by land. On the way, he met Jean Chardin, took the same itinerary as on the outward journey, then from Alexandrette to Livorno and Versailles. Carré then devoted himself to writing the manuscripts preserved from his travel notes. In 1699, the widow of the bookseller Claude Barbin published the present work, the only contemporary publication of a text by Carré devoted to the account of his first voyage, accompanied by oriental tales. This text was later taken up by the Abbé Prévost in volume IX of the "General history of voyages" (1750). The author adds to the account of his journey many "tiroirs" (treaties): "The French soldier in the East", "The French trader in the East". The texts were written on his return from his travel diaries. Unlike many travelers of his time (Lucas, etc.) who had others rewrite from their notes, Carré's manuscripts were autographs. Carré's two journeys are particularly precious, because French relations on India are relatively rare in this period (François Martin, La Haye, Lestra). Carré was perfectly aware that his relations should, according to Horatian principles, both instruct and entertain. He used many "images" and stories heard during stops in the caravanserai. There is in his account a real pleasure of discovery that he tries to transmit to his readers, Carré is a true writer. He shares with us his discovery of hospitality and criticism of the corrupting luxury of the West, he describes the Persian and Indian civilizations, his trip to the desert (very important in the accounts), the presence of the landscape (new at that time), women (parallel of harems and cloistered nuns...), information about diseases and traditional medicine, his culture and "foi du charbonnier", etc. Beautiful copy discreetly restored of this rare account of a trip to the East Indies.

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